Etiquetage, publicité et allégations nutritionnelles ou de santé
Les mentions obligatoires de l'étiquetage des denrées alimentaires ou la publicité faites à ces denrées sont souvent accompagnées par des indications, présentations ou allégations tendant à octroyer à la denrée des propriétés, des caractéristiques ou des avantages que ne posséderaient pas les autres denrées ou qui constitueraient un plus pour le consommateur. Ces indications, présentations ou allégations peuvent être formulées de manière tendancieuse, ambigüe, ou carrément mensongère pour amener le consommateur à choisir le produit sur la base de l'élément mis en valeur. Les artifices et les techniques de la communication (écrits, images, paroles, présentations, sans parler des hyperboles souvent proches de l'exagération) peuvent transformer dans l'esprit du consommateur des produits somme toute communs en des produits exceptionnels dotés de propriétés singulières et capables, par les éléments qu'ils sont sensés renfermer, de lui fournir ce qu'il désire profondément (santé, sécurité, quiétude, bien être, jeunesse, nutrition équilibrée, fraîcheur, nature, solidarité, environnement, tonicité, vigueur,...).
Les formules telles que: allégé, light, sans cholestérol, sans sucre, 0% ...., actif, régime, riche en vitamines, riche en fibres, bioactif, teneur en sels réduite, sans gluten, naturel, sans additifs ni conservateurs, tonique, revigorant, ... ne sont pas généralement explicitées aux consommateurs pour qu'ils fassent la différence entre un produit accompagné de telles formules et un autre produit de même type. En outre, la formule elle même, présentée de façon à accrocher l'attention du consommateur, en particulier lorsqu'elle vise implicitement la santé ou le bien être de ce dernier, n'est pas précisée en termes de teneur, de seuil d'impact ou d'effet des substances dont les propriétés sont mises en valeur ou alléguées.
Les allégations nutritionnelles, et, à fortiori, les allégations de santé , lorsq'elles ne sont pas encadrées par une réglementation précise (voir les normes Codex en matière d'étiquetage et le réglement européen sur les allégations nutritionnelles et de santé) et un contrôle efficace, peuvent, dans certaines circonstances, mener à la consommation, en quantités importantes, de substances préjudiciables à la santé ( cas des boissons énérgitiques ou des boissons à reconstituer à partir de poudres p.e ) ou, au contraire, provoquer des malnutritions pour certains éléments essentiels à la santé (produits 0% qui peuvent ne pas contenir du sucre ou des matières grasses mais en revanche renfermer des édulcorants artificiels, des protéines comme les gelatines p.e ou des épaississants ). Elles peuvent également provoquer des attentes et des espoirs en termes d'atténuation ou de guérison de maladies, ou de rétablissement de déséquilibres lorsqu'il est fait référence dans l'étiquetage ou la publicité à des propriétés thérapeutiques, même en termes très vagues. L'ajout d'additifs, en particulier les colorants artificiels et les arômes de toutes sortes, ainsi que la facilité d'utilisation et d'usage des produits ou le prix réduit participent à rendre le choix du consommateur plus dépendant de ses cinq sens que de sa raison (ou de l'évaluation du risque encouru).
Les dénominations des denrées alimentaires peuvent elles mêmes prêter à confusion. A titre d'exemples les dénominations "lait frais pasteurisé" ou "nectar d'orange naturel" semblent incorrectes puisque "le lait frais" n'est pas "le lait pasteurisé" et "le nectar d'orange" n'est pas extrait de quelque fruit mais c'est un jus auquel on ajoute de l'eau et du sucre. Les artifices employés par les fabricants pour faire apparaître leurs produits sous un emballage simulant tout ce qui a un rapport avec la nature (fleurs, fruits, animaux, reliefs, ..) ou les denrées alimentaires comme le lait, le beurre, le miel, la viande, les céréales, les fruits... et stimuler l'achat par les consommateurs en reléguant la composition et la liste des ingrédients dans des endroits impossibles (surtout lorsque l'emballage est petit ou miniscule) peut pousser les consommateurs (et surtout les plus fragiles entre eux comme les enfants) à se fier aux indications, présentations ou allégations et ne pas vérifier la nature des ingrédients ajoutés (cas p.e de boissons arômatisées contenant de l'eau, des édulcorants, des arômes et d'autres additifs, dont le nom de marque tel que BONJU, JUFRE ou MONJU ou une autre formule rappelant le jus, ainsi que les images ou illustrations de fruits sur l'emballage peut faire croire qu'il s'agit d'un jus de fruits ). Cette constatation est encore plus vraie lorsqu'il s'agit de consommateurs analphabètes ou démunis face à la complexité des indications portées sur les étiquettes.![]()
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